L’IA, qu’elle soit générative, prédictive ou agentique, ne change pas les grands enjeux du CVM dans les télécoms, comme défendre l’ARPU, réduire le churn, personnaliser les offres, optimiser la pression marketing ou encore développer la valeur client.
En revanche, dans des marchés marqués par la volatilité des clients, le multi-SIM, la pression prix et la complexité d’orchestration des canaux, elle change la vitesse, la précision et l’échelle auxquelles les équipes peuvent agir.
Appliquée au CVM, l’IA peut devenir un moteur de création de valeur sur l’ensemble de la base clients, plus encore lorsqu’elle est combinée à un agent IA capable d’analyser, recommander, arbitrer et orchestrer des workflows en simultané pour faire émerger les meilleures opportunités.
Ma priorité absolue est de combler le « gap de vitesse » entre la génération d'insights et notre capacité opérationnelle de Go-To-Market (GTM).
Historiquement, le CVM s’appuyait sur des analyses rétrospectives et des segmentations agrégées. Aujourd'hui, notre priorité est de basculer vers une hyper-personnalisation en temps réel, pilotée par la donnée à haute fréquence. Il ne s'agit plus seulement de réagir au comportement du client, mais de dévancer ses besoins en identifiant des micro-niches de valeur invisibles aux outils traditionnels.
En parallèle, nous plaçons l'inclusion et l'empathie au cœur de notre stratégie (à l'image de notre initiative #MyCustomerMyBoss). Mon rôle de CMO est de veiller à ce que l'accélération algorithmique serve une expérience client universelle, sans jamais perdre le contact avec la réalité du terrain.
Ces spécificités font du marché MEA un environnement à haute volatilité où la décision client se joue à la seconde. Face au multi-SIM et à l'arbitrage tarifaire permanent en plus du rôle du régulateur non prévisible.
Le CVM classique (NBO, scoring churn) repose sur des règles métier prédéfinies ou des modèles statistiques passifs : si le client fait X, on déclenche Y.
L'IA Agentique change la donne sur trois aspects majeurs :
Il faut éviter deux pièges que sont le "pilotage automatique aveugle" et l'utilisation de l'IA comme un simple moteur de recherche perfectionné.
Le bon copilotage est une collaboration augmentée où le responsable marketing et les équipes CVM deviennent les architectes des algorithmes :
L'agent IA propose et simule ; le marketeur valide, affine et donne la direction stratégique. Ce qui demande une mise a jour des processus opérationnels pour ne pas perdre le gain de temps obtenu de la partie analytique.
Les premiers bénéfices sont saisissants et touchent directement nos opérations.
Sans hésitation : la culture et les processus.
La technologie progresse de manière exponentielle, mais les organisations évoluent de façon linéaire. Accroître la vitesse d'accès à l'information grâce à l'IA agentique ne sert à rien si la chaîne décisionnelle pour valider un produit ou lancer une campagne prend trois semaines.
Nous nous dirigeons vers une orchestration multi-agents automatisée qui va redéfinir la structure même de nos entreprises.
Dans ce futur proche, le rôle du CMO évolue vers celui d'un CTO de l'expérience client et de l'architecture de valeur. Le leader marketing ne sera plus seulement un communicant ou un créatif, mais le chef d'orchestre d'un écosystème d'agents autonomes au service de la croissance inclusive et de la satisfaction client.